A mon Grand père paternel
Sous-Lieutenant au 40° d'infanterie il avait assisté au combat d'Etain. Le second jour de l'engagement, le 25 Août, il avait défendu avec un courage imperturbable, la position occupée par sa section, faisant le coup de feu comme un soldat pour encourager ses hommes. C'est alors qu'il avait reçu une balle qui, après avoir fracassé le bras gauche, avait traversé la poitrine de part en part. Il avait été longtemps considéré comme perdu, et à vrai dire, il ne s'était jamais guéri, puisqu'il avait conservé une impotence presque absolue du bras lésé. Il ne tenait qu'à lui de se faire réformer ou tout au moins affecter soit à un poste de l'arrière, soit à l'état-major, où son intelligence, ses connaissances, sa puissance de travail eussent rendu d'éminents services. Dirigé sur le fornt en décembre 1915, comme lieutenant au 118 Régiment d'Infanterie, il obéit sans mot dire, et nous verrons ainsi ce mutilé prendre part à l'offensive victorieuse de décembre 1916, qui nous rendra Vaux et Douaumont, faire encore campagne tout un hiver et venir enfin tomber le 7 Avril 1917, devant Laffaux, en entrainant à l'attaque la compagnie qu'il commande. Tant de dévouement est mentionné d'une manière bien succinte dans l'ordre suivant de sa division, reproduit plus tard à l'ordre général de l'armée: " Excellent officier: a été mortellement blessé en se portant à l'assaut à la tête de sa compagnie" ".