Après les premiers mois de l’offensive lancée par le général Nivelle, l’armée française est parvenue à prendre pied difficilement sur la crête du Chemin des Dames. Le général Pétain, successeur de Nivelle, décide de privilégier des offensives à objectifs limités afin que les troupes françaises renouent avec le succès, et achèvent cette bataille qui avait si mal commencé. Minutieusement préparée par le général Maistre, commandant de la 6e armée, l’offensive sur le secteur de la Malmaison est la plus intense préparation d’artillerie française de toute la guerre, avec 170 pièces au kilomètre. Sur un front de 10 kilomètres, 312 000 hommes soutenus par 68 chars sont déployés face à des unités allemandes sévèrement éprouvées par une semaine de bombardements.
L’attaque est lancée le 23 octobre 1917 à 5h15, et permet dès le premier jour de prendre le fort de la Malmaison et Chavignon. Le lendemain, le Mont des Singes et Pargny-Filain tombent aux mains de l’armée française. A l’issue de trois jours de combats, l’Ailette est atteinte et l’opération est un franc succès, avec notamment 200 canons, 222 mortiers et 720 mitrailleuses capturées. Les pertes sont en revanche sévères : les Français déplorent 6000 tués et disparus et 21 000 blessés tandis que les Allemands comptent 8000 tués et disparus, 30 000 blessés et 11157 prisonniers.
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