Le père Courtois (1923-2005) -
le gardien du Chemin des Dames Français
Catégorie :
le gardien du Chemin des Dames
Nationalité :
Français
Pendant plus de 30 ans, le nom du Père Courtois a été l’un des veilleurs du Chemin des Dames. Ce Jésuite né dans le Luxembourg belge était arrivé à Vauclair en 1966 pour y mener des fouilles archéologiques avec le Père Anselme Dimier, un spécialiste des abbayes cisterciennes.
Avec les centaines de bénévoles du groupe Sources, le Père Courtois a participé à la résurrection du site de Vauclair, faisant parler ses vestiges grâce aux fouilles. Il l’a présenté, inlassablement, à d’innombrables visiteurs captivés par son talent de conteur et par érudition. Il y a monté une série d’expositions réalisées avec la complicité de son voisin photographe, Maurice Coubart. Il y a créé un jardin de plantes médicinales et un verger conservatoire avec l’appui de l’ONF. Son seul titre officiel aura été celui de « conseiller culturel » du Comité de Tourisme de l’Aisne, longtemps dirigé par son ami Maurice Bruaux, le maire de Chermizy-Ailles.
A Vauclair, le Père Courtois avait rapidement rencontré la guerre de 14-18. Il était devenu une mémoire du Chemin des Dames, de ses villages et de ceux qui y avaient combattu, accumulant les notes et les souvenirs au fil des rencontres avec les visiteurs ou dans ses contacts avec les gens du cru.
En 1987, il avait publié un guide (réédité en 1992) sur le Chemin des Dames, le premier depuis le célèbre guide Michelin de 1920. Régulièrement sollicité par les médias, le Père Courtois apparaît notamment dans le documentaire réalisé en 1998 par Gérard Raynal « Adieu la vie, adieu l’amour… ».
En 2002, il présente les écrivains du Chemin des Dames (Apollinaire, Teilhard de Chardin, Dorgelès, Gibeau) dans le recueil consacré à l’Aisne de la collection « Sur les pas des écrivains » (éditions Alexandrines). La récente réédition (en mars 2006) de cette « Balade dans l’Aisne » lui a été dédiée.
Le Père Courtois avait décidé de vivre au milieu des bois, dans la clairière de Vauclair où, grâce à la guerre, la forêt de la zone rouge avait repris ses droits. Il a choisi d’y reposer définitivement. Il y a donc été inhumé le 22 juillet 2005, dans le chœur de l’ancienne église abbatiale.
Extrait :
« Plus que la présence de l’histoire, c’est d’abord l’intense poésie des lieux que le voyageur d’aujourd’hui rencontre au Chemin des Dames. Après les massacres, la nature reprend vie et corrige peu à peu les blessures du sol. Sans doute est-ce la géographie qui commande l’histoire. Mais depuis toujours, ce sont les hommes qui la font.
Au Chemin des Dames, plus qu’ailleurs. Est-il une seule région de France, abreuvée de sang, autant et si souvent, que ce bout de chemin qui va de Craonne à Laffaux ?
René Courtois (Le Chemin des Dames, Guide Historia, Librairie Tallandier, 1987, p. 9)